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Couverture Honte et dignité Un professeur dans la cinquantaine, Elias Rukla est en butte à une jeunesse indifférente et hostile qui n'en a rien à faire de l'enseignement du norvégien en général et d'Ibsen en particulier. C'est toute la solitude du professeur que Solstad nous livre ici, toute la difficulté, ancestrale, universelle, à intéresser des adolescents à une oeuvre non seulement incontournable des lettres nationales, mais d'une étonnante modernité. C'est aussi l'ironie de Solstad qui sait se moquer de son personnage, frustré dans sa vie personnelle, incapable de se mettre au niveau de ses interlocuteurs, perdu dans les méandres de sa pensée somme toute alcoolisée. Dag Solstad s'inscrit dans ce courant d'écrivains norvégiens et scandinaves qui ont repris le stream of consciouness cher à Joyce de la fin des années 1980 jusqu'au milieu des années 1990. De même pour Thomas Bernhard dont on retrouve chez Solstad la pensée en mouvement jusque dans la construction narrative qui suit les réflexions des personnages, mais aussi la rage propre à ces mêmes personnages, qui va voir Elias Rukla s'acharner contre son parapluie.