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« Une guerre civile sévit dans un pays d'Afrique. Ses massacres sont relatés par trois voix différentes : un témoin rescapé, une radio locale et une radio internationale, éloignée du lieu du conflit. La charge émotionnelle qui accompagne ces récits n'est donc évidemment pas de même nature selon la source, même si le son des kalaches et l'odeur de la mort empestent tous les discours. Aux propos chaotiques et saisis sur le vif du témoin direct du massacre, qui peut reconnaître dans les victimes une femme qu'il a pu désirer, une voisine ou un camarade d'enfance, s'oppose le récit structuré, factuel de la radio internationale soucieuse d'informations, certes, mais également de tas d'autres contingences qui brident son implication. Mais bien que la radio locale, rebaptisée radio-trottoir, cherche à maintenir la distance qui lui permet de faire son travail, son studio n'échappe pas aux balles. » Gilles Boulan